En fait ça va, c’est moins grave que je ne le pensais. Le retour s’avère, dirons-nous, doucereux. De cet énorme éléphant rose qui plane au-dessus de nos têtes, ma collègue et moi ne parlons pas. Banalités, faux intéressements et platitudes égayent à présent le bureau. Et, contrairement à toutes mes prédictions, ça me va. Plus que deux semaines, tralalalala.
Sinon, fini de rigoler. Je boucle mon second semestre début septembre (joie des études par correspondance qui déplacent la session des partiels de janvier à juin et de juin à septembre) et normalement si touvabien, j’en ai fini avec l’université. J’aurai appris beaucoup de choses à la fac d’histoire, je me serai ouverte à la philosophie, j’aurai taquiné la théologie et chatouillé l’historiographie. Mais surtout, ces études m’ont amené à regarder d’un œil neuf ce qui m’entoure, les préjugés, la condition noire, le féminisme, le rêve socialiste, la République, le capitalisme, les révolutions, le travail. Fascinating, en effet, ce monde en construction qui est en train de s’effondrer comme un château de cartes, la loi que les hommes se sont créée se révulsant sur-elle même. J’ai encore plus envie de comprendre, même si je doute qu’on trouvera des solutions.
Une amie à moi sort de licence de psycho et s’oriente vers la restauration des meubles anciens. Si ça ce n’est pas un boulot manuel passionnant plein d’histoire et qui, ce qui ne gâche rien, rapporte pas trop mal, je ne m’y connais pas.
Plus jeune, je m’imaginais comme beaucoup d’Anne Frank, Joe March et Rory Gilmore: une sorte Albert Londres au féminin. Mais en fréquentant durant ces 5 dernières années quelques specimens (fils de, « journalistes » spécialisés dans le publi-rédactionnel et autres rédactrices de « môde ») j’ai compris ce qui m’attendait: soit le piston, soit la compromission, soit l’abattage dans des trucs chiants. Avec au bout comme unique récompense, un statut de bobo pétasse qui végètera dans son cercle hype congénital incestueux et malheureux. Autant dire la mort cérébrale. J’ai pourtant mis du temps à me détacher de ce modèle. Et ce n’est pas les Plan B offerts par mon altermondialiste de belle-mère qui allaient consoler mon petit cœur brisé: j’ai renoncé solennellement au poste de petit soldat sarkozyste qui m’aurait attendu si j’avais persisté. Et si je ne peux concevoir ma vie sans l’écriture, elle ne passera pas par le plan média concerté qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui « journalisme ».
Et même si j’ai toujours quelques faiblesses, comme un R&F une fois l’an (mais c’est parce qu’il y avait mes copains de Mustang et une retro MJ ce mois-ci), un abonnement à Technikart (le cadeau 2009 était cool et puis j’aime leurs conseils drague), un numéro de Marianne (il y avait des photos d’Obama en maillot) ou Public (j’ai rejoint le groupe de peopléistes anonymes), dans l’absolu, je tends vers autre chose que ce divertissement pur – dans tous les sens du terme.
J’ai donc pris cette décision d’écrire pour moi-même, d’insister sur cette « mécanique intérieur-extérieur du dedans et du dehors » (hihi). Enfin bref, je reprends mes feuilles là où je les avais laissées, ça me fait un bien fou fou.
Je reprends des cours à l’Institut Japonais fin septembre. Le départ pour Tokyo étant évalué à environ octobre de l’année prochaine, je pense qu’il serait bien que j’obtienne au mois le niveau 4 du JLPT avant de tout larguer. Histoire au moins de savoir lire les panneaux de signalisation à l’aéroport de Narita, ce genre de choses.
Je prends aussi des cours de chant avec une prof de blues, parce que j’ai décidé de faire ce qu’il me plaît. Et ça me plaît d’écouter Bob Dylan, Marion Jones, Yuksek, The Gossip, The Shangri-Las et Kylesa tout en même temps. Je ne cherche plus vraiment à comprendre, j’arrête d’analyser, je fais.
Je pars toujours à Madrid en septembre (encore), et je viens de réserver des billets à 20€ aller pour Berlin en octobre. Par contre ça fait au moins deux mois que je n’ai pas acheté de fringues, excepté cette jolie veste rouge que j’ai eu pour une misère à Primark Bristol. ET ça tombe bien puisque le rouge est la couleur phare de cette automne, donc je n’aurai plus besoin d’acheter quoique ce soit d’autre avant la prochaine mousson. Clever girl is clever. (C’était l’instant blog de mode).
J’ai une grosse envie de soirées. D’en organiser, ou d’y participer, peu importe, ça me botte. J’aime bien les trucs décidés au dernier moment, qui sont comme chacun le sait les meilleurs pitchs pour les inoubliables, celles dont on reparle deux ans après avec de la brume dans les yeux et du lol dans la tête.
Et je continue de raconter ma vie sur mon blog.