A la manière de Guillaume (mais sans Roumain) et de Libération (mais sans sextoy ni crystal meth) voici un bilan de l’année vue par moi. Année bien mais pas top s’il te plaît, 2009 s’est surtout distinguée par son caractère soupe au lait. Du genre, un mois cool pépère Cœur Caraïbes peace dans ton âme, suivi d’un mois claque dans ta gueule petite pute tiens tu le sens le talon de ma botte bien profond hein. Mitigé, donc. (Ndlr: Ce post ne contient pas de top musique film chaussette de la décennie).
Janvier: J’ouvre Aucun Rapport, avec la volonté de changer le monde raconter des ragots, du LOL et poster des vidéos débiles. Si j’avais connu tumblr à l’époque, je crois que je me serais plutôt rabattue sur ce concept qui était au final plus adapté à mon projet. Maiiiiiiis maintenant qu’on y est, on y reste. Je me suis habituée au blog, à tous les thèmes moches qu’il a connu et aux posts états d’âme pas trop sérieux non plus. J’ouvre un Twitter, mais j’ai rien à y faire. #quandjaicompris
Février: Rihanna se fait passer à tabac par son prince charmant et je quitte la fac de japonais après le premier semestre. Emploi du temps pas vraiment compatible et lassitude (un maître mot de ma personnalité) semblent avoir eu raison de ma passion pour le Soleil Levant. Je fête dans le même temps mes un an de relation, et mes un an de boîte. Déjà ?
Mars: Ouch, prends-toi 25 ans dans la face. J’encaisse le choc avec panache (ahah) et deviens DJette occasionnelle à l’UFO après mon expérience à la Frange. Comme cadeau d’anniversaire, on m’offre un week-end à Londres où il ne pleut même pas et où je trouve le sac le plus classe du monde: en forme de guitare skaï rouge et noir. Yeah.
Avril: Mes petites soeurs débarquent pour une semaine à Paris, et le baby-sitting à temps partiel avec mon copain commence. Parc Astérix, Tête Dans Les Nuages, tartes flambées, tutoriel de SFIV + Bomberman et Ponyo sur la falaise rythment des vacances riches en émotion. On a lâché du porte-monnaie, mais finalement ça en valait la peine vu qu’elles m’en parlent encore. ♥
Mai: That’s what I’m talking about. Subitement, un mois très difficile. Il devient évident que je ne validerai pas ma licence d’histoire par correspondance -en rentrant le soir à la maison, je préfère jouer à la DS que bosser mes cours, et puis ça m’déprime- tout comme il devient évident que ma relation avec lui ne mène nulle part, sauf à la rupture. Histoire de parachever l’échec, nous nous embarquons malgré tout dans un voyage à Toulouse prévu de longue date qui tourne pour moi au cauchemar psychologique. Après être passée pour une foldingue auprès des gens qui ne me connaissaient pas, et plus simplement pour une fille malheureuse auprès de ceux qui me connaissaient, le retour à Paris ouvre une nouvelle époque de ma vie.
Juin: Je romps avec ma peur d’être seule et commence par rattraper mon retard en séries US et en romans. Et je sors, d’abord un peu, puis beaucoup. Je fais la fête, j’y mets du cœur. Puis Michael Jackson meurt, j’appelle mon père. Je vais pas mal au cinéma, dès que je vois une affiche avec un nom un peu débile, bingo let’s go. Je fastforwarde les partiels et encourage ma collègue à partir vivre sous le soleil niçois, alors même qu’elle va terriblement me manquer. J’écoute en boucle Why? et je (dé)range mon appartement. Mais je suis quand même perdue, dans un quelque part assez lointain.
Juillet: Pendant 10 jours, j’anime une colonie de vacances en Angleterre. Les enfants sont assez favorisés mais on déconne quand même pas mal. Par contre un de ces petits salopiaud me vole ma DS, linker inclus. Ma première grosse dispute avec ma collègue après plus d’un an d’amitié m’atteint en pleine face. N’y a-t-il donc rien de sacré ? J’annule un week-end qu’on avait prévu depuis longtemps, histoire de lui pardonner avant de la revoir. Toulouse m’a servi de leçon. Ah et raclette estivale chez Julian, si si ça m’a marqué.
Août: L’été s’étire comme un chewing-gum poisseux, j’ai toujours détesté ce mois ralenti du bulbe. Je réfléchis à mes projets de septembre et recolle les morceaux avec ma collègue qui s’en va à la fin du mois. Je lis les deux premiers tomes de la biographie de Simone de Beauvoir sans pouvoir m’arrêter et accueille ma plus vieille sœur (17 ans au compteur) en week-end. Je vais à Rock en Seine, où je teste Guitar Hero World Tour et assiste en live au split minable d’Oasis. Je rencontre de nouvelles personnes.
Septembre: La rentrée glisse sur une fille indifférente. Enfin pas tant que ça, ma sensation d’accomplissement professionnel incomplet me taraude toujours: je fais face à la réalité et décide de me consacrer avec force à l’écriture et à la musique. Je m’inscris également au CNED en formation de journalisme. Je m’ouvre enfin à nouveau à un garçon, mais malgré les apparences nous sommes trop différents pour être autre choses que des amuse-gueules l’un pour l’autre. Au boulot, je deviens « l’ancienne », « la responsable », « la chef », que des mots qui ne recouvrent rien d’autre que des fantasmes de management. J’en ai rien à foutre.
Octobre: Deuxième mois noir de l’année. Ma voisine discrète déménage et ma voisine simulatrice bimbo cageole emménage: c’est la fin de mes nuits tranquilles. Je perds le contact avec deux de mes meilleures amies qui ont de plus en plus de mal à supporter mes défauts (je suis en retard et je ne sais pas cuisiner, au cas où ça vous aurait échappé) et immédiatement après je suis trahie par un proche qui raconte ma vie personnelle à des gens malintentionnés qui en font évidemment très bon usage. Rude. Mais salvateur ? Je ne sais pas, en tout cas j’apprends une nouvelle forme de solitude. Celle qui vous oblige à raccrocher le téléphone quand vous voulez raconter le dernier truc drôle qui vous est arrivé, ou simplement demander « T’as vu MTV bwahaha » ou « On fait quoi ce soir ? ». Ce soir, on finit la première saison de Breaking Bad et on s’endort au son de Radio Nova.
Novembre: La lassitude dégouline par tous les pores de mon existence. J’en ai marre d’absolument tout, même d’écouter de la musique, ce qui est plutôt mauvais signe. Je ne supporte plus ma nouvelle collègue de travail qui ne parle que de mecs et de soirées sur les quais, je ne supporte plus mon appartement dans lequel j’étouffe, je ne supporte plus Paris, je ne me supporte plus. Je pense à partir sur le champ, retourner vivre en Normandie ou dans le sud, mais en même temps je me dis que les décisions coup de tête n’ont jamais été la carte la plus intelligente que j’aie jouée. Je décide de travailler ardemment à savoir ce que je veux.
Décembre: Je me choppe une grippe qui traîne tout le mois, je tousse comme une damnée. Je fais des barathons assez fun avec Alexandre, et je revois Julian de temps en temps. Thomas et Valentin viennent à Paris. Je redécouvre les soirées drôles et portnawak avec Stéphanie, qui apparait comme d’habitude magiquement dans ma vie quand je pense ne plus pouvoir avancer. On projette d’aller vivre à Londres pour 6 mois. Je commence à avoir une réserve d’économies pour rembourser mes dettes pour 2010. J’ai toujours des projets, je débute mon bilan de compétences avec un cabinet spécialisé, je fais mon passeport pour le Japon, je finis ma deuxième nouvelle. Ça fait un an que je vis dans le 11e. Je déserte Twitter, abasourdie par la guerre de quéquettes qui y fait rage, ennuyée par l’arrivée de gens dont je ne peux ignorer la présence et surtout gavée d’informations inutiles et de private jokes pas drôles même quand on les comprend.
This is now history.
Happy New Year everybody. See ya in 2010.




