Ma mère a enfin commencé à flipper au sujet des réseaux sociaux. Après que je me sois désinscrite de Copains d’Avant -ça faisait un bail que je devais le faire mais j’oubliais tout le temps jusqu’à ce qu’un infect camarade de classe de 5e m’envoie un message enjôleur en sms- elle m’a téléphoné, affolée, en me demandant en substance: « MAIS POURQUOI ? C’est trop gégnial Copains d’Avant, j’ai retrouvé Jacqueline ma copine de CP, elle s’est remariée et elle a 5 enfants, ça m’a fait trop plaisiiiir ! Et puis j’ai commencé un arbre généalogique avec toute la famille, c’est trop bieng ! ».
Chère mère. Va je ne te hais point, mais tu t’égares.
Je lui ai alors expliqué qu’en googlant son nom, la première chose sur laquelle on tombait était son profil Copains d’Avant suivi aussi sec de son profil Facebook. Qui à eux seuls dévoilaient son orientation sexuelle, le nom de ses animaux domestiques et celui de ses trois amours de jeunesse. Puis je lui ai présenté notre ami Marc L., nobody piégé par Le Tigre qui a retracé sa vie de sa naissance jusqu’à son dernier caca aux toilettes, simplement grâce aux infos disséminées un peu partout sur le net à son sujet: ici. Le lendemain, aujourd’hui donc, coup de fil de ma chère génitrice qui souhaite éloigner l’œil du démon qu’est Internet et supprimer tous ses comptes: d’arbre généalogique en ligne il n’est plus question, Marc ne « dort plus de la nuit ». Ainsi donc, finito Copains d’Avant, sécurisation maximale de Facebook (tu peux même plus cliquer pour l’ajouter en amie, trop hipster), encore heureux qu’elle n’ait pas de Twitter sinon elle aurait crée un fake.
La morale de tout cela pourrait être qu’éduquer nos vieux aux nouvelles technologies par la peur est une méthode efficace que je recommande particulièrement. Mais comme je ne pratique pas le cynisme le dimanche, je vais plutôt parler de mon nouveau substitut sexuel après les bonbons, les jeux vidéos, le Nutella, la nourriture japonaise, l’alcool, les robes, et la musique qui fait du bruit: les dramas.
Chaque hiver, au cœur du froid, ma nature de midinette reprend le dessus et je me procure en grande quantité ces productions asiatiques de qualité équivalente à Plus Belle La Vie. Je cherche ensuite des sous-titres sur des forums de nerds complètement assumés avant de me plonger avec délectation dans les aventures abracadabrantesques de mes héros hivernaux.
Les dramas parlent souvent d’aventures sentimentales mais pas que: il y a des adaptations de mangas Shônen assez violentes -mais je regarde pas ça me fait peur- des histoires d’aventure voire même des thrillers. Et je l’avoue presque sans honte, l’hiver dernier j’ai pleuré devant l’histoire d’une paumée punk misanthrope qui trouvait un gamin orphelin et s’occupait de lui tant bien que mal en tant que mère remplaçante. Les dramas me donnent une étrange sensation de sécurité dans ce monde de brute: tant que des petites asiatiques aux dents de travers arrivent à trouver l’amour, on est plus ou moins saufs, non ? Le cru 2009 donc, plutôt bon. Girly certes, mais m’en fous, je suis allée bien trop loin pour m’excuser maintenant.
Real Clothes (2009, en cours de diffusion)

Kinue est une vendeuse de 26 ans average mais bosseuse, employée au rayon literie d’une grande galerie marchande de Tokyo. Jinbo est une femme d’affaires impitoyable qui a rencontré un énorme succès partout dans le monde (quelques minutes en français dans le premier épisode) et qui décide de revenir travailler au bercail. Entre les deux c’est le choc des titans: Kinue arbore le look petit pot à tabac tandis que Jinbo est un peu la Anna Wintour jap en plus bonnasse. Mais elle voit du potentiel dans la jeunette et la transfère au chicos rayon vêtements féminins de la galerie. Sans qu’on sache vraiment pourquoi, Kinue lui plaît: et si elle se fait trasher par ses collègues qui la traitent de mocheté, elle montre bientôt des capacités de management insoupçonnées. Et logiquement, gravit les échelons un à un. Bien sûr, on ne nous refuse pas l’épisode make-over avec abandon de lunettes au profit de lentilles, dégradé chez le coiffeur et shopping de ouf chez les grandes marques. Mais attendez vous à vous sentir un peu niqués quand au quatrième épisode, Kinue devient châtain clair dans notre dos, entre deux plotlines. WTF ? Ce drama se déguste sans faire la fine bouche: il y a des vêtements, de l’humour, des beaux gosses, du culturellement correct, de la tension sexuelle et des enjeux professionnels. On sent l’histoire très axée pour plaire aux jeunes qui en ont fini avec les études et se demandent comment avancer dans la vie. Jinbo a un conseil pour vous à ce sujet: « If you wear boring clothes, you will have a boring life ». Okiiiiii.
Liar Game (2007, en cours de diffusion)

Alors autant vous dire que j’ai tiré une tête AMAGAD de toute beauté quand j’ai appris qu’il y avait une saison 2 à Liar Game. J’ai découvert la série lors de sa diffusion en 2007, et j’avais été hooked as hell par le truc. Nao, une jeune étudiante qu’on nous présente comme « extrêmement honnête » (mais que je vous présente comme « extrêmement conne » durant les cinq premiers épisodes) trouve un jour en rentrant chez elle une malette contenant un million de yen en petites coupures. Mais elle n’a pas gagné au loto, elle a été choisie pour participer au « Liar Game », où les meilleurs menteurs du Japon s’affrontent pour voler le million des autres. Ok, vous êtes hilares, mais ce drama a vraiment su trouver les mots pour m’amadouer: l’héroïne se déniaise grandement au fur et à mesure de l’histoire, le scénario surprenant fait intervenir de nombreux personnages délirants et machiavéliques qui veulent empocher la mise et cerise sur le gâteau, un beau gosse intervient pour aider Nao lorsqu’elle se trouve en détresse (c’est à dire tout le temps): Akiyama Shinichi.
*Pause cri de midinette en rut*

*Salutwassava ?*
Enfin bref, on se prend très vite au jeu des intrigues à tiroir, des rebondissements overzetop et de l’évolution de la jeune et naïve Nao. Et puis il y a Fatboy Slim dans la BO, que peut-on opposer à ça, je vous le demande. DONC IL Y A UNE SAISON DEUX, qui a commencé cette année et qui cartonne au Japon. J’ai les cinq premiers épisodes mais tout n’est pas sous-titré, et sans déconner, c’est un drama qu’il faut suivre en sub si on veut comprendre quelque chose aux coups fourrés que sortent les personnages toutes les dix minutes. Yummy.
Bon allez, bon dimanche, soyez sages et mollo sur la fumette. Sinon demain ça va être encore la croix et la bannière pour se lever.