Sur la demande populaire (« tu fékoi ? »), je vais donner un peu plus de précisions sur la formation professionnelle que je vais entamer cette année.
Non pas pour me vanter des mes incroyables zaventures extraordinaires (enfin si vous êtes ici, c’est que vous aimez quand même un peu ça, sinon vous êtes maso, kikoo) mais pour donner peut-être un peu de mon expérience à ceux qui se trouvent dans la situation où j’ai été pendant deux ans: LA GALÈRE. Pour dégrossir mon parcours scolaire, on va dire que de façon hyper originale, j’ai toujours bien aimé l’école sauf quand il fallait travailler. Et que conséquemment j’ai toujours eu la flemme de vraiment me mettre au boulot. Ce qui m’a amené de première année de Lettres Modernes en DEUG d’Histoire en passant par la fac de Japonais à l’INALCO. Je n’avais pas de but précis, je savais juste que j’aimais lire et écrire, et la philosophie et apprendre des trucs. J’avais même pensé à passer des concours de journalisme, un jour peut-être. Mais le par cœur, les efforts suants pour rendre des exposés à l’heure et les examens en amphis me donnaient la chair de poule. Mon problème est le suivant: j’aime apprendre, mais je n’aime pas particulièrement montrer que j’ai appris.
[C'est un peu la même chose avec la musique, soit dit en passant. Je n'expose pas mes goûts à tous les vents, donc les gens en déduisent que j'écoute de la jpop et Hannah Montana en vrai tous les jours. J'aime juste pas faire étalage de mes connaissances. Je sais qu'à l'heure du tout partage 2.0 ça peut paraître saugrenu, mais je sais aussi que ça ne va pas s'arranger: j'ai de moins en moins envie d'entrer en concurrence avec les goûts de tout un chacun.]
BRAIFE où j’en étais ? Ah oui. Disons que ce trait de caractère ne m’a pas particulièrement servie scolairement parlant. Associé à ma tendance générale à la lassitude, ça a même plutôt carrément foutu la merde. Et je me retrouvais donc en 2009 avec environ zéro bagage scolaire, une cohérence de parcours proche de la popularité de Kim Jong Il et des perspectives d’avenir plus que discutables. Mon petit job à temps partiel que j’avais pris durant mes études était devenu le centre de mes journées. Autant dire: le bad. Pour reprendre un auteur célèbre: « 25 ans et toujours NO FUTUUUUURE »
Les choses qui sentaient pourtant fortement le rance se sont améliorées de façon très rapide et surtout, inattendue. Il y a encore 1 mois et demi, j’étais en déprime. Je mangeais du Nutella à la cuillère en me retapant l’intégrale de Sex and The City et je zappais la nuit entre NoLife et Arte. Et puis, j’ai décidé de fureter parce que bon, se faire chier et broyer du noir ça va un moment. Profitant du statut de salariée de plus d’un an dans ma société, j’ai commencé un bilan de compétences par le biais du Fongecif. Sékwassa ? C’est un organisme financé par notre bon gouvernement et les gentilles entreprises du pays. Le Fongecif « promeut et finance la formation des employés pour l’évolution professionnelle ». Oui, sébow.
Le bilan de compétences, c’est pour les gens comme moi qui savent ce qu’ils ne veulent pas (rester dans la situation actuelle, s’emmerder, gagner 1000€ par mois avec un loyer de 600€) mais qui ne savent pas ce qu’ils veulent. Tricky, hu ? J’ai donc sollicité auprès de mon employeur une autorisation d’absence de trois heures par semaine pour effectuer ce bilan, ce qu’il a accepté. Ensuite j’ai cherché un centre privé parmi une liste fournie par le Fongecif, j’en ai choisi trois et j’ai rencontré trois conseillers. J’ai choisi une « faiseuse de rêves » qui est d’entrée rentré dans le tas et coupé court à mes pleurnicheries. Oui, j’ai des savoirs et des aspirations, et oui, ils vont me servir dans ma vie professionnelle. Mais oui, il va falloir que je me bouge et que je crache un peu mes poumons.
Au fur et à mesure, on a gratté. En six séances, on est parti de mon profil psychologique avec un test de personnalité (impulsive/réfléchie, autonome/esprit d’équipe…) puis on a fait une revue de mon background familial (est-ce que mes parents m’ont poussée à faire des études ?). On a fait la liste de mes savoirs (acquis à l’université), des mes savoirs-faire (ce que j’ai appris de mes expériences professionnelles) et mes savoirs-être (rigueur, rapidité, humour noir). On a sondé mes aspirations, les grandes lignes directrices des rêves que j’ai bercé depuis l’enfance/adolescence. Et on a cherché des pistes de métier, enfin pour le coup c’est plutôt moi -internet, CIDJ, etc.
Et au final, après du sang, des larmes et des litres de remises en question, voilà, la révélation: j’ai un projet. Je vais devenir secrétaire de rédaction en presse écrite ou sur le web. Au mois d’octobre, je vais suivre une formation en 7 mois à l’École Multimédia, avec un stage de 8 semaines en fin de cursus, dans le cadre du Congé Individuel de Formation. Mon employeur accepte que je m’absente pour la durée des cours, et le Fongecif finance l’intégralité de la scolarité. Je reste donc salariée de mon entreprise et touche mon salaire durant toute la durée de la formation. Si c’est pas gégnial ça.
Maintenant, reste le plus dur. Boucler mon dossier avec une belle lettre de motivation -pour laquelle on m’a grandement aidée. Passer les tests d’entrée: grosso modo, les mêmes qu’en école de journalisme: culture G, actu, synthèse et correction.
To be continued, donc.
(Et après, tu le crois, j’aurai un vrai métier.)
(Et même que si tu veux des conseils sur les démarches étou parce que ça t’intéresse, tu peux m’envoyer un mail.)