Heures de sommeil: 9.
[Ndlr: à partir d'aujourd'hui, telle Brigitte Jean qui notait son poids journalier dans son journal intime, je signalerai mes heures de sommeil en exergue de chaque post. Le but étant d'arriver à un nombre équilibré de 6 ou 7h. PARCE QUE JE DORS TROP]
A la base, ce week-end s’annonçait assez tranquille.
Bon, Bleh avait prévu de venir et tout le monde sait que quand Bleh arrive en ville, on peut être sûrs de recevoir un texto par jour à 18h30 signifiant en substance « kikoo on boit où ce soir lol ++ ». Et évidemment, nous avions bien besoin d’alcool pour digérer le season finale de Lost, ce double-épisode qui précipite chaque jour un peu plus les forums de fans dans les flammes de l’enfer. (Mon avis ? A peu de chose près, celui-là). Par ailleurs, avec Helpy dans la place pour une semaine, je savais que j’aurais quantité de Kpop, de dramas et de punk à consommer. Tranquille donc, disais-je.
[Ndlr: post enrichi au name-droppage comme je m'en suis aperçue après relecture. Mais on s'en branle, toi-même tu sais que "I'm still, I'm still Jenny from the block". Genre]
Ce que je ne savais pas (ou plus), c’est que l’awesomess arrive souvent là où l’on s’y attend le moins. Vendredi soir, Bleh et Margaux débarquent à la maison. J’ai de la vodka, du whisky, des bières et des clips VH1. Bleh a des dés et Margaux l’application iPod « Trouvez Charlie ». Un quatrième larron anonyme qui devait nous rejoindre nous gratifie d’un splendide lapin, mais il en faut plus pour entamer notre détermination. Nous buvons donc tel des petits foufous qui viennent d’obtenir leur brevet des collèges, et lançons un Action ou Vérité à trois. Bien nous en prend puisque les plus gros dossiers du week-end furent constitués à ce moment précis (vidéos et photos sur demande)(nan je déconne)(plutôt crever).
Chauds comme la braise, nous décidons alors de rallier immédiatement la soirée Confessions Intimes organisée par l’un des plus gros connards parisiens en activité. Nous perdons Margaux en route car elle doit faire face à pas moins de trois partiels de japonais le lendemain (oui, un samedi, INALCO 4 ever) et s’esquive, la tête basse. Nou faisons une arrivée on fire dans le Ve et heureusement, tout le monde carbure déjà à la vodka depuis une heure. Nous nous fondons donc naturellement dans le décor. C’est le moment de relancer l’application Action ou Vérité: le ridicule bichon frisé narcissique de CI est eclipsé au profit du concours de WTFuckisme qui se lance. La vodka pas chère de G. vrille l’estomac mais les potins affluent, et tandis que Bleh et C. échangent leurs vêtements (il porte la jupette comme personne), T. déguste du Nutella à même le nombril de C. et je porte un soutien-gorge trop petit de deux tailles (ça fait push-up). Bref, la soirée est digne des plus grands débats intellectuels sur Arte, avec du geek et du rofl en supplément. La décence et la volonté de préserver la sensibilité des plus jeunes qui nous lisent m’empêche de lever plus avant le voile sur cette nuit-là. Disons que je connais un secret honteux sur tout le monde maintenant, oui, même toi là J., ahah.
Samedi à 14h, je me réveille avec la sensation familière d’avoir mangé du béton et bu de l’acide citrique. Je décide d’arrêter l’alcool. Helpy arrive dans une demi-heure et je me meurs en culotte dans mon lit, est-ce bien sérieux à 26 ans ? (A propos, j’adore donner mon âge en soirée parce que tout le monde me donne 3 ou 4 ans de moins. Si on se croise, n’hésitez pas, c’est trop génial. Surtout qu’il y a 3 ou 4 ans, j’étais relativement neuneu et delusional et indécise et que je pense avoir évolué dans la classe supérieure de Pokémon. Bref, 26 c’est la classe.)
Samedi à 17h, je reçois un texto « je suis déchiré lol » suivi de « kikoo on boit où ce soir lol ++ ». Tandis que mon estomac reprend forme humaine, je me résigne: ce soir, c’est biture. Pendant ce temps-là sur Skype, je complote avec M., amie de Bleh (et de moi depuis qu’elle a commencé à m’envoyer des vidéos YouPorn), pour l’organisation de la soirée. J’ai une copine de fac qui fête son anniversaire juste à côté de chez M. Le plan est donc le suivant: crasher purement et simplement la soirée à sept personnes, non invitées. M. souligne le fait de se ramener avec de l’alcool passe toujours mieux dans ce genre de situation. Ca tombe bien, j’ai ce qu’il faut. Qui amène les chips ?
Une heure plus tard, Helpy et moi prenons le chemin de la dédicace d’Elixie dans la boutique Gals Rock à Pigalle. Manque de pot ou mort de lol, la ligne 2 est interrompue entre Belleville et Blanche, soit sur sept putain de stations. Ah les enculés, en plus c’est juste pour le week-end, évidemment. Commence alors pour nous une longue traversée du fail: bus de remplacement bondé puis quitté par des gens qui se rendent compte qu’ils sont dedans depuis une heure et sont toujours à Jaurès, descente à notre tour à Barbès parmi les Marlboro Marlboro, pluie de mayrde, marche à pied jusqu’à Pigalle, niksamère pour trouver la boutique. Même si nous avons 1h40 de retard, Elise est là, cheveux roux de renard et cookies devant elle (il y a toujours des cookies dans l’espace-temps où se trouve Elise). Elle fait une jolie dédicace à Helpy, du bon son riot grrrl est diffusé dans les enceintes, les vendeuses sont super sympas et il y a du potin Twitter à bitcher. Après avoir parlé furtivement Korean Pop Music avec Monsieur Lâm et sa copine puis fait nos adieux à Elise, nous partons en direction du resto indien où les amis d’Helpy nous attendent, depuis genre, longtemps. De façon somme toute logique, nous sommes en retard d’1h40 et les gens en sont presque au dessert lorsque nous débarquons. Mais on s’en fout, sujet brûlant ce soir: L’EUROVISION et son incroyable cuvée 2010 (Epic Sax Guy, je t’aime). Je prends un plat qui m’arrache la bouche et l’estomac (il va finir par m’en vouloir un jour) et me retrouve dans mon élément: ici, tout le monde est fan de hentai, de smartphones et de voyages. On essaie même de me dépouiller de mon porte-clés Matsumoto Jun. Il est quasiment minuit lorsque nous partons, éreintées, en direction de chez M. Lorsque nous arrivons, tout le monde est réuni devant des vidéos YouTube et une playlist Spotifiy de la honte (SAMBA DIDJANAY), et nos bouteilles d’alcool descendent à vitesse grand V. Nous plaçons bien évidemment du Girls Generation en tenue de pompom girls. D., éminent twittos cinéphile, est épaté par tant de sous-culture.
« Allez on s’en fout, on est bourrés ! » ©
30 minutes plus tard, comme dans les plus grands teen-movies des années 2000, nous débarquons innocemment en file indienne chez ma copine où les filles portent cuir et porte-jarretelles, et les mecs bretelles et Wayfarer. Le dancefloor est pris d’assaut par Bleh qui se déhanche tel Jim Carrey dans The Mask, et par Margaux qui se transmute en slutty Margaux au son de « I’m a slave for you » de Britney. Je passe deux ou trois chansons qui font shaker le booty, m’enfile un whisky-coca qui ne me fait pas grand-chose et concote une immonde boisson à base de rhum, de grenadine et d’eau avec D. Et là c’est le drame, le verre de trop, le dernier Action ou Vérité durant lequel rien ne va plus. Les relous ne comprennent pas ce que nous faisons lorsque nous nous followons frénétiquement les uns les autres sur Twitter avec nos portables, ni quand nous formons un tuyau avec notre bouche ou exécutons une roulade sur le plancher. Nous sommes seuls au monde, surtout quand Margaux et M. nous abandonnent pour regagner leur pénates de jeunes filles sages (lolilol, c’est au cas où leurs mères lisent ce texte que je dis ça). D. en grand rebelle des années 50, pique la bouteille de rhum au nez et à la barbe des fêtards bobo lorsque nous levons le camp vers 3h30. Il nous propose d’aller chez lui parce qu’il n’habite pas très loin. Après tout, qu’est-ce qu’on a à perdre ? Notre dignité est déjà loin derrière nous. En passant près des bureaux de Vodkaster, nous avons une illumination: c’est comment, en vrai, les bureaux de Vodkaster ? Tout ce que vous avez à savoir se trouve ici: il y a des supers fauteuils, des cartes de visite et des Mac nouvelle génération. Nous repartons par conséquent avec un cadre sur la tête de Bleh.
Comatage chez D. au-dessus du Canal Saint Martin en attendant le premier métro. Discussion pépère Albert, et même pas de buzz (comme disent les jeunes) pour terminer la soirée en beauté. Finalement, nous levons le camp aux premières lueurs de 6h. En repassant sur le pont, nous aperçevons un sac éventré et des documents éparpillés tout autour. Et là, l’esprit de David Caruso intervient pour chausser ses lunettes noires: les docs concernent des gardes à vue de prévenus et les mots « 36 QUAI DES ORFEVRES », « PRISON DE FRESNES », « AVOCAT A LA COUR » clignotent en gras devant nos yeux. Nous trouvons-nous sur le tournage de Julie Lescaut ou bien des avocats ont-ils été victimes d’une agression au-dessus d’un pont parisien, havre de romantisme et d’amour à la oulala ? Et c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés à appeler la police un dimanche matin à 6h en parlant de « documents confidentiels » au téléphone, à effectuer une vérifcation d’identité. La cerise sur le gâteau étant sûrement le sergent qui me fait fortement de l’oeil (j’ai rien vu, mais mes compères oui, apparemment).
Aujourd’hui, Bleh est parti et nos coeurs sont vides. Le WTF s’est à nouveau dissipé, laissant place à la morosité, au ciel gris et aux essayages culinaires: je tente un crumble mangue-banane jeudi. VIVEMAN LAI VACANCENT POURRE KE LA FAITT RECOMANCE !

Bonsooooooooiiiiiiirrrrrrr
Ceci dit, tout n’est pas perdu: le week-end prochain je reste au lit à mater des séries et me faire servir le petit déjeuner, héhéhéhéhé.