C’est pas que ce soit désagréable d’avoir une barre de réseau en pleine campagne pour une addict de L’Internet Mondial, mais je tiens quand même à signaler que mon iPhone est tout ce qu’il y a de plus 3G au monde et que par conséquent il n’y a aucune excuse à ce qu’il connaisse ce genre de problématique. Je vais envoyer une lettre recommandée à Apple DE CE PAS.
Ce soir, pendant qu’Elise et Laura vont assister à un match de roller derby équipées d’oreillers tout terrains et pendant qu’à Paris on quizzera pop gaiement au Motel, j’ai été conviée pour ma part à une soirée où tous les invités auront moins de 20 ans et beaucoup trop de punch dans le sang. Je ne sais pas si c’est bien sérieux. Je veux dire, on va parler du bac, des slims et de la fête de l’Huma et puis quoi ? Je vais forcer sur l’alcool en cédant à ma mauvaise habitude de m’occuper de la musique. Je vais passer du TTC, du Janelle et sûrement aussi The Hives et du early David Bowie, parce qu’il faut bien que quelqu’un les éduque, ces jeunes. Et j’aurai gagné ma soirée.
Sous ces 25 degrés à l’ombre, j’ai l’impression de couver quelque chose. Mes vieux démons tambourinent à la sortie des artistes: je suis lasse, à un point de quasi non-retour. La plupart du temps, je rêve d’être dans un lit à tout oublier et rien d’autre. Parfois, j’ai envie de faire de la guitare et du piano, de recommencer à lire et de quitter Paris, mais depuis fin avril je suis pieds et poings liés à ma vie sociale. On a beau passer des accords et essayer de s’arranger avec la réalité, il va falloir un clean slate à un moment ou à un autre. Le cycle va devoir s’éteindre, été caniculaire ou pas. Cette fois les gens ne seront pas rejetés et je ne serai pas mordue par la culpabilité. Parce que j’ai compris que je vis dans une multitude de cercles, depuis toujours, et que ce qui disparaît finit par renaitre. Ce mouvement lancinant me hante, de l’intérieur vers l’extérieur. Je me concentre, et puis je m’expose. Je peux rester trop concentrée, mais rester trop exposée est dangereux.
Je contrôle à peu près tout en ce moment.
Tout, sauf cette peur irrationnelle de l’autre, cette urgence à fuir alors que je pense enfin que je suis au bon endroit, au bon moment avec la bonne personne. Ce truc qui me terrifie tellement que je me réveille la nuit, commence à écrire des phrases désordonnées sur des feuilles volantes et à préparer des discours d’adieu, me met à pleurer et me réveille comme si j’émergeais d’un mauvais rêve. Et alors, je me rends compte qu’aujourd’hui, à ce problème précis, je n’ai pas de réponse. Et que j’ai peur que ça me suive toute ma putain de vie.
Sinon, niveau cheveux, j’envisage une Rihanna 2007 ou une afro libre altermondialiste. Le grand écart, y’a que ça de vrai.