Toi et moi, nous aurions été des âmes sœurs.
Nous aurions partagé des bains, des cigarettes, des bouteilles de vin, des amis, des amants. Tu m’aurais natté les cheveux tandis que je t’aurais dit tous mes secrets. J’aurais porté tes robes, utilisé ton mascara et mis de ton parfum chic à l’intérieur de mes poignets. Tu aurais exsudé une féminité parfaite qui m’aurait inspirée: sensuelle, subtile, sans effort, confiante. Nous aurions traîné ensemble pendant que notre linge séchait.
Tu m’aurais appris à parler une langue étrangère, à bien lacer mes soutien-gorge, à nager, à faire des boissons délicieuses et bien dosées. Nous nous serions mutuellement encouragées à prendre des risques, mais nous aurions vécu prudemment, consciencieusement, tranquillement, gracieusement.
J’aurais fait tomber mes barrières pour te laisser entrer. Nous aurions été inséparables; identiques mais différentes.
Nous aurions partagé un appartement miteux dans un pays étranger. Nous aurions organisé des pique-nique au milieu de notre salon, avec des bougies et du jazz expérimental et des sandwiches au concombre. Nous aurions joué dehors comme des enfants, en courant pieds nus, en faisant semblant d’être sœurs ou amantes ou fées. Le temps se serait arrêté.
Tu aurais supporté mes changements d’humeur et moi ton inconséquence. Nous aurions dormi dans le même lit, nous câlinant sur des draps gris et défaits, loin du tumulte de nos vies, nos corps remplis de la quiétude de la nuit.
Nos liens les plus intimes se seraient croisés, mélangés, en s’emmêlant de plus en plus au fil du temps. Tu ne serais pas sans moi.
Je te rencontrerai dans une autre vie, et tu seras ma meilleure amie.
Libre traduction d’un billet d’Apricot Tea (le meilleur blog que j’aie découvert en 2010)





