Pffff, franchement, ce mois d’août est pourri, remboursez nos invitations.
La vie dans un magazine people, c’est bosser avec des gens que le people n’intéresse pas beaucoup. Et par là même, devenir de moins en moins intéressée soi-même par le people, parce qu’il faut en gros parler de Secret Story et de l’Amour est dans le Pré, même si en son for intérieur on ne vit que pour la Fashion Police et Cersei Lannister. Il faut donc trouver des échappatoires. L’actu ? L’économie entame la phase terminale de sa petite vérole, Londres brûle des écrans plasma et la France pleure FX en adulant Angela Merkel. La fin ne devrait plus trop se faire attendre.
Sinon, plus sérieusement, pourquoi est-ce que je suis Denise Richards sur Twitter ? Hein ? Vous pouvez m’expliquer ça rationnellement ? Je subis à longueur de temps ses tweets aussi forts que de la grenadine, aussi pertinents que mes ex-petits amis et aussi intéressants que Sortilèges, que j’ai vu au cinéma OUI MADAME.
Suite à la demande populaire (d’une personne) me voilà encouragée à vous présenter mes lectures actuelles. Par lectures actuelles, disons lectures passés, présentes et futures sur une échelle d’un à six mois, vu que mon rythme de lecture est à peu près aussi régulier que les éclairs de génie dans la comédie française. Donc (modèle de présentation quelque peu inspiré d’Elixie, sauf que le tapis rouge à poils de yak fait un peu plus fluokid)
De gauche à droite :
Bird By Bird – Ann Lamott. Je suis plongée dans l’approche anglo-saxonne de l’écriture. En France, ce n’est pas tellement dans la culture, et le mythe selon lequel l’écriture est un talent « inné » qui ne peut s’acquérir fait florès. Pourtant, et assez bizarrement d’ailleurs, il est bien accepté que l’on « apprenne » les autres disciplines artistiques. En dessin ou en danse, il ne viendrait à personne l’idée de dire qu’il faut « mettre ses tripes sur la table », sans avoir au moins pris un cours ou lu un bouquin. Il est normal d’apprendre les ficelles du métier. Sur l’écriture, les ricains sont les meilleurs dans le domaine et ont produit tout un tas de livres qui guident les apprentis artistes dans la jungle de la création. Si ces questions vous intéressent, je conseillerais pour commencer « The Artist’s Way » de Julia Cameron, en VO si possible (la traduction étant proprement horrible), mastodonte et best-seller de la créativité artistique. Quant à Bird by Bird, j’ai trouvé la référence sur plusieurs blogs. Je le lirai avant la fin de l’été, je pense.
Full Frontal Feminism – Jessica Valenti. J’avais très envie de lire ce livre après avoir vu par hasard une vidéo de la blogueuse américaine Nineteen Percent qui se moquait des pseudo-revendications de la chanson « Run the World (Girls) » de Beyoncé et de son faux girl power. Elle conseille le blog feministing.com, énorme plateforme des jeunes féministes américaines ainsi que le bouquin de la fondatrice du site, Full Frontal Feminism, donc. Depuis six mois environ, je lis beaucoup de papiers sur le féminisme, et les représentations des femmes dans la culture populaire (ciné, séries TV, etc.) et le sujet m’obsède un peu plus chaque jour. J’attendais donc pas mal de cette lecture, mais il s’avère que bon, Valenti l’a écrit pour expliquer aux adolescentes pourquoi le féminisme n’est pas (seulement) réservé aux filles hommasses qui ne s’épilent pas et détestent les mecs. Ouais, on en est encore là. En gros, c’est le bouquin pour les gonzesses en soirées qui te disent « Je ne suis pas féministe, mais… ». Pas foncièrement inintéressant, mais très loin du manifeste pop que j’attendais. Valenti soulève nombre de points intéressants sur la contraception, les doubles standards sexuels, l’enjeu de l’éducation sexuelle au lycée, la culture du viol et l’inégalité au travail, mais si vous vous intéressez aux problématiques sociales et culturelles du féminisme, il est probable que vous sachiez déjà tout ça. Ce bouquin pourra vous ouvrir de nouveaux horizons si vous êtes convaincu que tout va bien dans notre société, que les femmes ont tout gagné et qu’elles devraient arrêter de se plaindre, si vous « n’êtes pas féministe, mais » ou si vous êtes Eric Zemmour. (Si vous ne lisez pas l’anglais, je vous conseille plus près de chez nous « King Kong Theory » de Virginie Despentes. Un concentré d’acidité et une potion de réveil sur la merde avec laquelle on vit.)
Making Sex – Thomas Laqueur. Virgo est à peu près la seule personne qui supporte mes grandes théories féministes sur gtalk, et je suppose qu’elle a du vouloir me faire taire en me prêtant ce bouquin. A priori, il questionne de manière scientifique mais décalée la question de la sexualité dans l’histoire. Qu’est-ce que faire l’amour, pourquoi, qu’est-ce que ça implique ? Une déconstruction. A lire en septembre. (« Le Rapport Hite » est assez spectaculaire aussi dans le genre, bien qu’il soit plus une compilation de témoignages féminins à grande échelle sur la sexualité. Qu’est-ce que les vrais gens font, comment le vivent-ils, pourquoi ? Ça m’a bouleversée.)
Philosophie des jeux vidéo – Mathieu Triclot. Gracieusement obtenu alors que j’étais en stage à Rue89, ce bouquin m’a immédiatement attirée par son approche zinzin : montrer aux fascistes de la pensée que les jeux vidéo, c’est aussi serious business que les films ou la littérature (hein les gens qui interdisent les jv après les tueries). Je n’ai lu pour l’instant que l’introduction (on travaille beaucoup à la rue), qui était un dialogue socratique sur l’expérience vidéoludique. DO WANT MORE.
Indignez-vous – Stéphane Hessel. 3 euros, 3 heures de lecture, un marché honnête. On a fait des gorges chaudes de ce petit opuscule au printemps, et maintenant les jeunes envoient des battes de baseball dans des PS3 sur Oxford Street. Ceci dit, ce livre a le mérite d’être une réflexion qui pousse à l’action, si tu vois ce que je veux dire.
Dessiner grâce au cerveau droit – Betty Edwards. Référence de Julia Cameron et des universités américaines, ce gros bouquin part d’une théorie scientifique qui a révolutionné les 70′s : le cerveau humain fonctionne de deux manières différentes, avec un côté est assigné à la logique et au rationnel, et l’autre à la vue d’ensemble et au rêve. Edwards en fait ensuite une théorie artistique qu’elle a développée avec ses étudiants en art : en utilisant le cerveau droit et en observant la réalité, on finit par dessiner ce qui se trouve devant nous. De nombreux gens qui ne pensaient pas savoir dessiner se sont mis à décrire la réalité de ce qu’ils voyaient. Il n’en fallait pas plus pour m’intéresser.
Lonely Planet – Lisbonne en quelques jours. Pour préparer les vacances imminentes \o/
Power, les 48 lois du pouvoir – Robert Greene. Ce bouquin était dans ma wishlist politique depuis deux ans, j’avais lu un article dans Technikart qui m’avait assez intriguée. Un charlatan qui explique comment avoir du pouvoir sur les gens ? Wtf ? En fait, Power c’est bien plus que ça : c’est une putain d’hagiographie du pouvoir à travers l’Histoire. Les Grecs, les Romains, la Renaissance, Louis XIV, Michel-Ange, Jules César, Sun Tzu, les favorites de la cour… quelles ont été leur méthodes pour se maintenir au pouvoir. Comment avoir du pouvoir, comment le garder, qu’en faire. C’est juste un bouquin incroyable, un délice à lire si on aime l’histoire. Très pertinent pour un été pluvieux et moche.
Introduction aux Gender Studies. Nous y voilà, j’ai carrément pensé à reprendre des études pour enchaîner avec un master en Gender Studies, c’est dire à quel point ça me passionne. Mais, j’ai mis le projet en stand-by, j’ai une carrière de golden girl à bosser (krkrkr) et les lectures de ce genre me suffisent amplement pour le moment.
Et sinon, une question, vous arrivez à lire plusieurs livres à la fois vous ?
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Et pour finir sur une harmonieuse note de lol, je rappelle que j’ai été a un concert de kapop (comme disent les français) avec la rutilante Helpy en juin dernier. Ce fut épique, squattage sur les sites de vente de billets, arrachage de cheveux, écoutage intensif de kpop, attaque Ddos de sites. On a payé cher, on était à côté d’italiennes hystériques et on avait des bidules lumineux, mais ON A KIFFE NOS RACES AU ZENITH DE PAAARIS. La preuve avec cette fancam de la honte où peut m’entendre crier telle une enfant de 8 ans sous méthamphétamines. En vérité, quoi qu’en disent les gens, quand quelque chose vous rend heureux à ce point, vous seriez fou d’y renoncer.
(Ça bouge parce que j’essayais de voir sans regarder dans l’appareil. #fail)
(Le passage du post que vous n’avez pas compris est en Lorem Hipster, hihi).








